LE REPOS D'ONÉSIME

Souvent, la nuit, alors qu'il se reposait de sa journée de travail dans son écurie du passage d'Enfer, Onésime, le cheval qui avait vu naître Antonin, révait. Il se voyait dans un prè du genre de ceux qu'il pouvait voir lorsque, avec un de ses maîtres, il se rendait du côté de Verrières chez le père Valentin,  le vieux maraicher qui fournssait les "Vignobles de France" en bon produit frais que Pauline et après elle Suzanne savaient si bien cuisiner. Il se voyait dans ce près, mais pas seul. D'autres chevaux, très grands, très beaux, beaucoup plus grands et plus beaux que lui l'entouraient et semblaient le protéger. Et c'est vrai que lorsqu'il se réveillait de ce rêve,  Onésime se sentait heureux. Oh ! Comme il aurait voulu que le rêve devint réalité. Mais la réalité était toute autre, faite de durs journées de travail à tirer cette vieille carriole. Heureusement, les Vialatte étaient de bon maître et la ration de picotin était abondante et souvent complétée par quelques carottes ou autre légumes que les femmes estimaient ne pas devoir utiliser dans leur soupe. Mais malgré les bons traitement, il aurait aimé  se retrouver au milieu de ces grands frères qu’il admirait, lui le petit cheval de rien, citadin enfermé dans son écurie et il imaginait les Holsteins, les Cob normands, les Paint Horses, les Palaminos et autres Castillons l’accueillirent parmi eux.
 
Onésime dans le pré


Il ne fut donc pas étonné lorsqu'un matin Fernand vint le chercher pour l'atteler à la charrette et qu'il lui dit :
- Allez, viens ! Mon bon Onésime ce sera ton dernier voayage.
Il se demanda seulement ce qu'il avait voulu dire en parlant de dernier voyage.  Il avait bien vu, en passant devant la porte de la remise, à l'intérieur un de ces engins comme ceux que l'on rencontrait de plus en plus en ville et qui dégageaient une odeur désagréable. Mais, après tout, cela ne le regardait pas et il prit, sans arrière pensée, le chemin de la ferme du père Valentin.

La route du père Valentin


Sa surprise fut donc grande, lorsque Fernand, au moment de partir, après avoir bu le verre de piquette qui scellait tous les marchés passés avec Valentin, le détela et l’amena vers une petite écurie derrière laquelle il poussa la charrette. Il comprit que le temps du repos était arrivé pour lui. Ce qu’il ne savait pas, mais cela importait finalement peu, c’est que la vente de son écurie du passage d’Enfer à un voisin désireux de s’agrandir avait permis à Fernand et Antonin de réunir les capitaux nécessaires à l’achat de la voiture et à lui payer sa pension chez le vieux maraîcher

La retraite d'Onésime


Toujours est-il qu’Onésime voua une grande reconnaissance aux chevaux mécaniques qui allaient le remplacer et lui permettait de finir sa vie dans ce site agréable, au milieu de ses congénères plutôt qu’au fond d’une écurie parisienne. Et c’est toujours avec grand plaisir qu’il voyait revenir la B2 avec Antonin au volant lorsqu’ils venaient faire leur marché de légumes frais chez le père Valentin.

Une visite








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